Arboriculture : le gel semble ne pas avoir trop touché les pommes

Après les gelées de fin avril, les vergers semblent moins touchés que les vignes. Pour un estimatif, il faudra encore attendre quelques semaines.

17/05/2017 à 10:46 par hervpavageau

A 3h du matin, les feux ont été allumés dans les vergers des Coteaux nantais. Une initiative a priori salvatrice (crédit photo : les Coteaux nantais). -
A 3h du matin, les feux ont été allumés dans les vergers des Coteaux nantais. Une initiative a priori salvatrice(crédit photo : les Coteaux nantais).

Après les gelées de fin avril, les vergers semblent moins touchés que les vignes. Pour un estimatif, il faudra encore attendre quelques semaines.

Si les vignerons ont été très touchés par les gelées de fin avril, des épisodes sans doute historiques qui devraient mettre par terre la moitié de la récolte 2017, il semble que les arboriculteurs du Vignoble nantais aient été moins touchés par le phénomène. C’est le cas aux Coteaux nantais qui cultive 96 ha de vergers sur 5 sites de productions, cultivés en biodynamie, pour produire une quarantaine de variétés de pommes, mais aussi des poires, des kiwis, des fraises, de la rhubarbe, du coing, des prunes, qui n’ont pas enregistré trop de dégâts sur les cultures. Comme partout, les techniciens ont relevé jusqu’à -3 °C dans le bas des parcelles, notamment sur le site de la Caffinière acheté en 2006. Mais loin des -7 °C d’avril 2011. « L’ensemble des vergers n’est pas ou peu touché, indiquent les responsables. Nous avons réussi à bien protéger les poiriers et les pommiers dans certaines parcelles. Il y a cependant quelques dégâts sur les kiwis et les pommiers de la Caffinière. Il faut maintenant attendre de voir comment les arbres vont réagir suite à ce stress climatique. Nous alimentons la plante pour lui redonner de la croissance et permettre de fixer ses fruits. Mais au vu des dégâts sur d’autres exploitations, parfois jusqu’à 100 % dans des vergers ou des vignobles, il faut s’estimer heureux de ne pas être plus impacté ».

Cette année, la précocité de la végétation était de plus de 10 jours. « Nous étions au stade du « grossissement du fruit » au lieu d’être « en pleine fleur », ce qui augmentait considérablement les risques de gel car lorsque le fruit est formé, il n’y a pas de sucre, ce n’est que de l’eau, donc celui-ci est beaucoup plus sensible », indique-t-on dans l’entreprise aux 111 salariés. « Dès que nous avons pris conscience des risques, nous avons pris certaines décisions : tonte de toutes les parcelles de poiriers, mise en place des bougies dès -1,5 °C, préparation de l’appareil pour diffuser le fumigène ». Un travail colossal partagé par les équipes « qui ont participé ou se sont portées volontaires pour protéger nos fruits ». Tous ont installé des bougies pour réchauffer l’atmosphère, ou déclenché des fumigènes pour créer un brouillard au lever du jour, « de sorte que les cellules de la plante se réchauffent doucement et ne soient pas trop vite exposées aux rayons du soleil, ce qui provoque les dégâts ».

Diagnostic dans quelques semaines

Idem pour les vergers de la Chebuette à Saint-Julien-de-Concelles où l’essentiel de la production semble avoir été sauvé. « Il a vraiment fallu être sur nos gardes, lance Mathilde Placier qui gère avec son mari 65 ha de pommes, poires et kiwi.

Durant cinq nuits, il a fallu être vigilant. Nous avons dû mettre le feu à des bottes de paille pour créer un brouillard et arroser les arbres par aspersion, pour éviter les gelées ».

Mais à la différence des vignes, il faudra attendre plusieurs semaines avant de connaître l’étendue des dégâts. Car pour ces fruits, c’est à l’intérieur que s’observent les conséquences de la gelée. Et compte tenu de la petite taille du fruit actuellement, ce n’est pas possible à détecter, si ce n’est que de l’arracher. « C’est pour cela qu’on ne va pas trop s’inquiéter pour l’instant, philosophe Marie-Paule Dugast, installée avec son fils Maël au Moulin des Noues, à Maisdon-sur-Sèvre. On a fait le tour. On a cueilli quelques fruits. C’est vraiment disparate. C’est certain qu’on aura une petite année. Mais ce ne sera peut-être pas catastrophique ». Dans quelques semaines, la bonne tenue ou pas du fruit dans l’arbre permettra d’être optimiste… ou pas. Une ferme de 3,6 ha qui fournit beaucoup aux Amap qui compte aussi sur les poires et la première année de production des myrtilliers pour se refaire la cerise.

De son côté, Audrey Lemée, à Cugand, est un peu plus pessimiste.

« Il y a eu de la casse, c’est certain. Mais pour les arboriculteurs, c’est un peu trop tôt pour le dire. Il faudra voir si les pépins ont été touchés et s’ils réussissent à grossir le fruit. J’ai la chance d’avoir une trentaine de variétés qui n’ont pas été touchées de la même façon. Toutefois, il est certain que pour l’éclaircissage, je n’aurai pas besoin d’autant de personnes en juin. On va le faire entre nous au lieu des six-sept recrues. Nul doute que la gelée aura des conséquences, » exprime l’exploitante en bio du Petit-Coubrenier. Ces arboriculteurs y verront plus clair dans quelques semaines.

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