Vertou Conseil municipal : la ville investit-elle assez ?

09/12/2016 à 16:43 par laufortin

La création d'un centre de loisirs est un des projets de l'équipe majoritaire dont les premiers investissements devraient apparaître au budget 2017
La création d'un centre de loisirs est un des projets de l'équipe majoritaire dont les premiers investissements devraient apparaître au budget 2017

Le conseil municipal débattait fin novembre, des orientations budgétaires de 2017. Les grandes sommes en fonctionnement et en investissement ont été dévoilées, tout comme le contexte financier de l’Etat. Avec une dette minime et une forte capacité d’autofinancement, les groupes d’opposition ont critiqué le manque d’ambition de la majorité. Le maire a rappelé que 25 millions d’euros seront injectés sur le mandat pour de nouveaux équipements ou de l’entretien de bâtiments publics.

La ville se tient à son cadrage financier. Maintenir un désendettement inférieur à six ans, ne pas avoir recours à l’emprunt, ne pas augmenter les taux d’imposition, et conserver un investissement régulier… tels en sont les grands principes. Malgré la baisse des dotations d’Etat « qui a entraîné un manque à gagner d’environ 1,6 million d’euros sur les quatre derniers exercices, dont 253 000 € de dotation globale de fonctionnement en moins en 2017 », précisait Jérôme Guiho, adjoint aux finances, la municipalité entend tenir ses engagements. Ce qui est le cas pour l’instant.

« Dette faible, impôts stables, projets majeurs » : la copie est parfaite pour la majorité

Pour les emprunts, « nous n’en avons pas contracté depuis 2010 si bien que notre capacité de désendettement est estimée à 2,4 ans (8,1 millions d’euros). Par habitant, cela correspond à 349 € quand en moyenne, dans les villes de même strate que nous, elles sont à 1 109 € par habitant. L’idée est de maintenir notre délai inférieur à 6 ans à la fin du mandat. C’est-à-dire une dette sans risque comme c’est le cas dans beaucoup de villes de l’agglomération nantaise », expliquait le maire Rodolphe Amailland.

Les représentants des oppositions, le socialiste Jean-Robert Piveteau et l’écologiste Brigitte Héridel, raillaient cette posture, alors que les taux d’emprunt sont très faibles. « C’est le moment d’en profiter. Pas emprunter ne doit pas être un dogme. Il existe même un taux zéro pour la rénovation énergétique des bâtiments, » indiquaient-ils, « ou au moins de renégocier ». « Cela ne vaut pas le coup, estimait Jérôme Guiho, par rapport à cette dernière proposition. Les frais seront plus importants que le gain, vu que nous sommes sur la partie finale de nos 5 emprunts. Et puis aller voir le banquier pour emprunter juste parce que les taux sont bas, cela ne passe pas ».

Pour les impôts locaux, la majorité ne prévoit pas de hausse pour 2017. Il faut dire que rien que l’effet de l’augmentation des bases et l’évolution démographique apportent une recette supplémentaire de 3,3 % (environ 580 000 €). « On perdra 30 000 € de recettes car il a été décidé d’exonérer de taxe d’habitation les personnes de conditions modestes », précisait l’adjoint aux finances.

Pour le maire, ces conditions et ces choix ne devaient pas conduire à modifier la politique d’investissement de la ville. « Quand certains augmentent les impôts pour justifier des investissements, et d’autres les gèlent et n’investissent pas ; nous, nous les stabilisons aussi mais nous continuons d’augmenter notre capacité à investir et à augmenter les services à la population, » lançait le maire Les Républicains. « C’est bien simple. On aura injecté entre 25 et 27 millions sur le mandat. Soit un peu plus de 4 millions d’euros en moyenne, par an. C’était 5,6 millions en 2016 (dont 5 millions de réalisés), ce sera 4 millions d’euros en 2017 ».

En attendant le budget qui sera voté en décembre, la municipalité a donné quelques bribes de projets : la création de nouveaux locaux de la police municipale, l’aménagement de salles associatives et des locaux pour les services de solidarité, les projets liés à la consultation « Quelle Sèvre », ou encore le programme d’entretien annuel du patrimoine (1,2 million d’euros en moyenne par an avec désormais un retour du FCTVA à hauteur de 20 000 € pour lequel il est éligible). Le maire a également indiqué que le site unique d’accueil de loisirs – un des projets phares de la campagne – serait lancé. Du moins les études. Car il semble que ce dossier est loin d’être ficelé : lieu, calendrier et somme n’ont pas été dévoilés. « Et à mi-mandat, il est temps de le lancer pour ne pas perdre la face », ne manquait pas de railler l’opposition.

« Cela manque d’ambition » pour les minorités

Des oppositions qui déploraient « le manque d’ambition de la ville ». « Faire des économies ne doit pas être le seul objectif à atteindre pour une ville comme Vertou qui dégage 11,3 millions d’euros d’excédent et qui va tellement bien financièrement qu’elle est appelée à exercer une solidarité avec les communes moins bien loties au titre de la péréquation horizontale (109 000 €) – ce qui est très bien par ailleurs, exprimait Brigitte Héridel. 77 % des recettes proviennent des impôts et taxes payés par les Vertaviens. Ils sont en droit d’attendre un peu plus en matière de transports, de solidarité (lieux de vivre ensemble), d’habitat coopératif, de valorisation de producteurs locaux. Je m’étonne également de ne voir aucun point sur l’environnement (énergie verte, isolation biologique) dans les projets ». De son côté, Jean-Robert Piveteau déplorait « des choix budgétaires décevant, sans perspective ». « Il n’y a plus rien sur les réhabilitations de l’hôtel de ville, des salles Sèvre et Maine, le devenir de l’ancienne perception, d’acquisitions réalisées il y a trois ans ou encore sur l’accessibilité », listait le socialiste qui rappelait que « l’Etat ne fait pas que diminuer les dotations mais donne la possibilité d’aider les villes qui investissent grâce au fonds de soutien à linvestissement local (FSIL) qui sera de plus d’un milliard en 2017 ».

Pour son premier débat d’orientation budgétaire, Sophie Julé, qui succède à l’emblématique Michel Gouty, a repris les grandes idées de la liste en dénonçant la baisse des dotations d’Etat, mais saluant la baisse de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Elle a redemandé « une amélioration du service de transports pas à la hauteur de Vertou, la création d’un camping, la gratuité de la bibliothèque, le démarrage du projet de Pôle santé et l’arrivée d’un deuxième agent à la mairie annexe de Beautour ».

En conclusion, le maire a tenu à nuancer les critiques. « Avant de décrier la ville, il faut regarder et apprécier ce que l’on a. Et s’en contenter. C’est-à-dire un haut niveau de service public et un haut niveau d’investissement si l’on observe les communes de même taille. Notre budget 2017 sera ambitieux, réaliste et volontariste », assurait-il. Il sera soumis au vote le jeudi 15 décembre.

44120 Vertou

Captcha en cours de génération.....Version audio
Changer l'image
Présidentielles 2017

Votre journal cette semaine

Abonnement

Recevez l'actualité qui
vous concerne. Je m'abonne

Un concentré d'informations pour ne rien manquer !

Je m'inscris à la newsletter