Haute-Goulaine Un site préhistorique exceptionnel mis au jour

Des fouilles réalisées sur le site des Cléons ont révélé l'existence d'un site préhistorique exceptionnel. Le programme des recherches doit se poursuivre entre 2014-2016.

Dernière mise à jour : 12/02/2014 à 16:42

Du 16 septembre au 13 octobre, l’équipe dirigée par Jean-Noël Guyodo, enseignant-chercheur à l’Université de Nantes en archéologie et architectures, a fouillé et étudié 800 m2 d’un site situé aux Cléons. La zone est connue des chercheurs.

Depuis le XIXe siècle, le secteur, situé à Haute-Goulaine, le long de la route de La Chapelle-Heulin, est connu pour sa villa gallo-romaine, bordant la probable voie antique Nantes-Poitiers. En 2010, à la suite d’un projet de construction de serres maraîchères déposé par un maraîcher, propriétaire du pré, l’Inrap fait un état des lieux. Le diagnostic complète le plan du site romain. Mais surtout révèle un site préhistorique très bien conservé. Et daté du Néolithique (4 300-4 000 avant J.-C.), période des premiers éleveurs-agriculteurs sédentaires.

“Les premiers résultats laissaient entrevoir de belles perspectives d’analyses”, souligne Jean-Noël Guyodo.L’intérêt de la découverte conduit à lancer un programme de plus grande ampleur. Trois ans sont nécessaires pour monter le projet. Soutenus par le ministère de la culture et la Drac des Pays-de-la-Loire, les fouilles révèlent à l’automne dernier, des centaines de fragments de céramiques, des silex et de nombreux ossements d’animaux. Et trois fours circulaires, d’un mètre de diamètre et de 50 centimètres de profondeur, sont retrouvés.

La découverte suscite beaucoup d’intérêt de la part des scientifiques. “Jusque-là, on n’en connaissait qu’une dizaine en France, alors qu’ici on en trouve trois. Et qui plus est en bon état”, commente l’enseignant-chercheur nantais. Afin de connaître la fonction des fours, un travail pluridisciplinaire est lancé.

Le laboratoire de l’université de York, en Angleterre, analyse la partie chimique et organique des graisses animales et des sédiments. “L’objectif, explique Jean-Noël Guyodo, est d’en savoir plus sur les pratiques culinaires.”

L’université de Munich en Allemagne étudie les fragments trouvés sur les parois des fours. La finalité est d’obtenir une datation précise de la combustion, grâce au calcul de l’amplitude du champ magnétique. “Cela permettrait d’avoir un référencement de datation. Il existe très peu de choses à l’échelle de l’Europe au niveau du Néolithique.” Un référencement qui place donc le site des Cléons au tout premier plan.

D’ores et déjà, un nouveau programme de recherches est déposé au ministère de la culture. Il doit s’étaler sur trois ans (2014-2016), sur des surfaces plus importantes. Le programme devrait permettre d’enrichir la base de données sur la période du Néolithique. Et peut-être de connaître la destination du site.

Haute-Goulaine, 44

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